Les
danses afro-cubaines
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et photos et videos de Dominique Gombert, utilisation soumise à
autorisation!
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-A
Cuba, on appelle folklore afro-cubain les musiques chants et danses
d'origine africaine.
Les esclaves issus de différentes contrées d'Afrique
ont tenté de préserver malgré l'opposition
de la société blanche leurs cultures langues et rituels
.
Aujourd'hui, les danses musiques et chants afro-cubains sont vivants
dans les rituels (culte de la santerìa, culte congo )
et dans les ballets folkloriques qui en développent l'aspect
artistique.
En
tant que danseuse, j'ai consacré ces pages à la danse, mais
musique chant et danse sont intimement liés et la danse ne peut fonctionner
sans eux. La musique et le chant seront donc évoqués ici en
tant qu'accompagnement de la danse ; des adresses de sites plus spécialisés
sur la musique et le chant afro-cubains vous seront proposés sous
la rubrique liens.
Introduction aux danses afro-cubaines
Les danses
afro-cubaines sont peu pratiquées en dehors de Cuba .
En Europe, En France, on n'a que très peu l'occasion de les voir
en spectacles et on ne rencontre pas d'ouvrages qui y font références.
Les cours , les stages sont compliqués à mettre en place
: il faut prévoir plusieurs intervenants : un enseignant, trois
musiciens, un chanteur compétents c'est la formule minimum pour
faire un cours dans de bonnes conditions.
Cependant, les personnes qui ont eu l'occasion de pratiquer ces danses
sont enthousiasmées de leur découverte .
De manière
générale, les danses afro-cubaines nécessitent un
travail corporel très approfondi et surtout très fin, très
précis. Elles sont complexes notamment les danses yorubas car en
plus de la technique de la danse en elle -même il faut également
dominer l'aspect rythmique et l'aspect théâtral.
Même à Cuba, un danseur de folklore consacre beaucoup de
temps et d'efforts chaque jour pour intégrer et affiner ces danses
et c'est un travail jamais fini.
On peut alors se demander en tant que danseur étranger à
cette culture ou en tant que danseur amateur, si ces danses sont accessibles
et quel en est l'intérêt , où est le plaisir ?
Je pense
que pour un danseur ces danses offrent un travail corporel et rythmique
particulièrement intéressant
Quant aux danseurs amateurs, si ces cours sont abordés avec suffisamment
de pédagogie ils affineront petit à petit leurs sensations
et leur technique sans rien perdre du plaisir de la danse qui ira en se
développant.
Car le plaisir de la danse est essentiel : lorsque le chanteur lance son
appel, que les tambours le suivent et répondent en entrelaçant
leurs rythmes et que la danse se pose avec justesse, s'ancrant dans les
rythmes et soulevée par les chants, alors une même énergie
circule entre tous, une énergie qui monte, un plaisir qui s'élève.
A
Cuba, on distingue principalement les danses Yoruba,Congo, Ararà,
Abakuà et les danses d'origine Haïtienne
Techniquement,
on retrouve une base commune à ces différents folklores :
les jambes sont toujours fléchies, le buste relâché
en avant, onde vibratoire continue. La dimension théâtrale
y est très importante
Les
danses Yoruba
Directement
issues des rituels de santerìa, les danses Yoruba sont
les danses d'orichas (dieux) interprétées avec
les symbolismes et les énergies qui sont propres à
chaque oricha. Si une grande part est faite à l'improvisation
notamment pour le danseur soliste, des règles précises
et complexes régissent la danse.
En spectacle, il peut s'agir d'une présentation des différents
orichas mais en général elles se présentent
sous forme de chorégraphies avec danseurs solistes et
corps de ballet.
Souvent les chorégraphies s'inspirent des nombreux patakin
, histoires relatant les aventures et les relations qu'entretiennent
les orichas entre eux.
On
distingue deux formes : danses Yoruba sur rythmes de tambours
batas, et danses Yoruba sur rythmes de bembé.
Avec les tambours batas, à chaque oricha est consacré
un ensemble de rythmes ou toques et de chants le plus souvent
combinés en suite, et à chaque toque correspond
des pas précis ; dans le bembé un seul rythme
est utilisé pour tous les orichas, le chant donnant l'indication
des pas.
Au niveau du style de la danse, en bembé le travail du
buste est plus accentué dégageant une énergie
plus forte.
Comme
je l'ai déjà précisé, le chant et
les tambours sont liés à la danse : en simplifiant
on peut dire qu'à chaque chant correspond un toque et
un pas de danse. Mais en réalité une série
de chant peut utiliser le même toque, et la danse peut
varier à l'intérieur d'un même toque.
Pour la danse, il sera choisi une suite (ou traité) de
toques afin de provoquer une montée d'énergie
jusqu'au final.
.
Chaque
oricha ayant une symbolique propre, on retrouvera dans la danse
cette même symbolique que ce soit dans les pas ou le jeu
théâtral.
Les danses d'orichas offrent ainsi de grandes possibilités
d'expression mais aussi un travail du corps très précis.
On peut ainsi passer de la danse d'Oggun, très physique
parfois violente, à la danse de Changò à
la fois guerrière et sensuelle, de la danse d'Ochun tout
en douceur et en sensualité, ou celle de Yemayà
la mer qui passe du calme à la tempête
En
ce qui concerne la technique de la danse proprement dite,
le plus complexe et le plus subtil reste le travail de l'ondulation
du buste.
A Cuba on explique que le mouvement d'avant arrière
du buste se communique à tout le corps
Je pense que la prise de contact du pied avec le sol est très
importante et renvoie une onde vibratoire qui remonte( à
la condition que le corps soit relâché) jusqu'au
sommet de la tête. Suivant l'oricha et suivant les pas,
elle prend des tonalités différentes.
En
résumé danser yoruba c'est apprendre à connaître
reconnaître et intégrer :
-les chants et les toques avec les pas qui leur correspondent
-la technique vibratoire caractéristique de la danse en général
et de chaque danse en particulier
-le travail d'expression propre à la danse
Tout cela demande du temps : pour vous rassurer, sachez que les danseurs
professionnels des ballets folkloriques retravaillent les bases pratiquement
tous les jours
Mais quel que soit votre niveau, le plaisir de danser yoruba restera toujours
très très fort !
Les
danses Congo
Egalement
issues de rituels toujours pratiqués à Cuba les danses Congo
ont perdu beaucoup de leurs caractéristiques qui se sont mieux
conservés dans les rites yorubas. Elles sont faciles cependant
à différencier des autres folklores par la rapidité
et la force des mouvements. La plupart des danses sont collectives.
Le
Palo
Mouvements
brusques des bras, travail du buste et des épaules en relâchement
et en rythme rapide, sauts, c'est une danse violente, impressionnante qui
se danse à deux (face à face) mais le plus souvent elle est
présentée en chorégraphie de groupe symbolisant une
confrontation entre 2 clans ou le travail de l'homme.
Elle oblige le danseur à se donner entièrement. vidéo palo
par le ballet folklorico de Camagüey:
La
Makuta
A
l'origine c'est une danse religieuse qui se dansait dans les pièces
sacrées des Congos.
C'est un danse rapide, demandant beaucoup de coordination , mais beaucoup
moins riche en pas que le Palo.
La
Yuca
Danse
profane et danse de fertilité : elle représente la parade
amoureuse du coq et de la poule.
Les
danses Ararà
Danses d'origine
religieuse, moins développées que les danses Yoruba et Congo
(elles sont pratiquement inexistantes des programmes d'étude des
étudiants de folklore) elles font l'objet actuellement de recherches
et de mesures visant à rescaper cette culture.
En
danse, sont étudiées principalement
Les
danses d'Asoyì évoquent le travail de la terre : semer ; récolter
Le travail du buste et des épaules en rotation est particulier à
cette danse vidéo Afrocuba
de Matanzas: Asoyi
La
Rumba tient une place à part dans les musiques, chants et danses
de Cuba.
Elle n'est pas d'origine religieuse.
A partir d'instruments très simples, (petites cuillères, caisses
puis tambours) s'est créé un complexe rythmique d'essence
africaine mais déjà acclimaté à la réalité
cubaine.
Les gens du peuple les plus humbles y commentaient de manière satyrique
les évènements politiques, sociaux , puis même amoureux
qui les affectaient
On distingue trois styles : le yambù, le guaguancò et la columbia.
Chaque style se distingue l'un de l'autre au niveau rythmique et au niveau
de la danse.
Le
Yambù
Forme
la plus ancienne de la rumba, le rythme est lent
Appelée aussi rumba des vieux ;
Après une assez longue introduction appelée " diana
" ou alterne soliste et chur, un couple commence à danser
La danse est lente élégante :c'est la femme qui est mise
en valeur dans la danse, l'homme restant au second plan..
Traditionnellement il s 'appuie sur elle, semble souffrir de rhumatisme
tandis qu'elle danse avec coquetterie et sensualité.
A
l'origine , le guaguancò était surtout narratif : la politique,
l'amour, les problèmes de la vie quotidienne en étaient les
themes principaux.La danse serait apparue plus tard ;
Elle se caractérise par le " vacunao " à signification
érotique qui est un geste du danseur vers le pelvis de la danseuse
qui elle essaye de s'en protéger.
Toute
la richesse de la danse va se caractériser par ces " attaques
" et esquives entre les le danseur et la danseuse. Le mouvement de
vacunao est très varié utilisant un foulard ou différentes
parties du corps.
Techniquement, on retrouve les mêmes pas de base en yambù et
en guaguanco, :genoux fléchis, gardant toujours un temps de ressort,
un travail du bassin spécifique, du buste ,des épaules des
bras en relation avec le rythme ;c'est une danse qui demande une coordination
très subtile, et une grande maîtrise du rythme.
Note
: La rumba pratiquée dans les danses de salon en Europe aurait pour
origine le son ou le bolero.
La
Columbia
D'origine
rurale, on dit qu'elle est née dans la province de Matanzas : les
textes sont moins élaborésque dans le guaguanco etparlent
du travail : le café, la canne à sucre
La structure musicale ressemble beaucoup aux autres styles de rumba .
C'est essentiellement une danse d'hommes au rythme rapide : dans la partie
dansée,
un danseur se présente, faisant montre de son habileté bientôt
suivi par un autre qui essaiera de le surpasser
La danse se caractérise par un jeu de jambes, le travail des épaules
et beaucoup de liberté d'improvisation ;dans les villes, le style
des danseurs a évolué :certains incorporent dans leur danse
des éléments d'autres danses : figures du ballet classique,
acrobaties de cirque, hip hop mais aussi des éléments
de folklore afro-cubains, abakuà
Tous les pas de danse du danseur doivent être soulignés par
un des tambours , le " quinto ".
Certaines fois, le danseur exécute des pas complexes et rapides
autour d'une bouteille de rhum qu'il ne doit pas faire tomber (ou sinon
comme dit alors le chur, il doit la payer)
Particulièrement impressionnante et risquée est également
la danse des couteaux où le danseur tenant un couteau dans chaque
main simule l'acte de se donner des coups de couteaux .